Flore intestinale peuple invisible de notre organisme !

Sur ce terrain de football que représente notre intestin en superficie, nous abritons une gigantesque équipe de bactéries qui s’activent pour notre bien-être. Cet écosystème se modifie parfois sous l’influence de divers facteurs, créant un déséquilibre lui-même favorable au développement ou au maintien de certaines maladies : les causes et les effets ne sont pas faciles à distinguer mais le lien existe de façon indéniable entre bonne ou mauvaise santé, et flore équilibrée ou affaiblie.

Qu’est-ce que la flore intestinale ?

La flore intestinale (ou microbiote) est l’ensemble des bactéries naturellement présentes dans notre intestin. Cet écosystème se développe chez le nouveau-né à partir des bactéries rencontrées dans son environnement : à l’âge de deux ans, il est définitivement consti-tué et contient environ 100 000 milliards d’élé-ments, qui pèsent entre 1,5 et 2 kg ! A l’inverse des bactéries pathogènes qui nous rendent malades, celles-ci font bon ménage avec notre organisme et participent à son bon fonctionne-ment. Certaines ont besoin d’oxygène, d’autres non, certaines sont rondes, allongées, spiralées, appartenant à diverses familles.

A quoi sert cet écosystème ?

A l’âge adulte, chacun de nous a donc constitué depuis la petite enfance sa propre collection de bactéries non pathogènes, normalement stable au fil des années ; parmi leurs principales fonc-tions, on peut citer l’aide à la digestion et au transit, la régulation de notre immunité, le rôle de barrière antimicro-bienne, mais aussi la pro-duction de certaines vita-mines, enzymes et hor-mones. Une maladie ou d’autres facteurs peuvent cependant déséquilibrer la flore, momentané-ment ou plus durable-ment, augmentant alors le risque d’apparition ou de maintien de certaines affections.

Etat de la flore intestinale et santé : des liens à creuser pour mieux soigner et prévenir

Chez les personnes qui souffrent de maladies inflammatoires du côlon telles que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, on a constaté des modifications de la flore intes-tinale. De même dans l’obésité et le diabète, dans l’allergie, ou encore dans certains troubles du comportement alimentaire, et certaines dépressions. L’intestin et sa flore interviennent, parmi d’autres facteurs, dans la régulation de nombreux systèmes : digestif, métabolique, hormonal, immunitaire, et même psychique, puisque l’intestin est considéré comme notre deuxième cerveau. La recherche se poursuit activement pour mieux comprendre ces liens et définir des stratégies préventives et théra-peutiques.

Comment préserver sa flore intestinale ?

A travers quatre axes d’action principaux, nous pouvons participer au maintien de l’équilibre et de la diversité de ce microbiote si précieux :

1. En consommant des probiotiques

Les probiotiques sont des bactéries ou levures naturellement présents dans certains aliments fermentés, consommés depuis des millénaires pour leurs effets bénéfiques sur la santé et la digestion. Lactobacilles, bifidobactéries, saccharomycètes, etc. sont présents dans les yaourts, le kéfir, la levure de bière active (vivante, non détruite par la chaleur), la chou-croute ou le miso. La présence de prébiotiques leur est nécessaire : ce sont des résidus de glucides présents dans des végétaux tels que la chicorée, l’ail, l’oignon, les asperges, les arti-chauts ou les bananes.

2. En adaptant notre alimentation

La flore intestinale se nourrit aussi de fibres fer-mentescibles, non digestibles, présentes dans de nombreux fruits et légumes, alors qu’un excès de produits transformés, gras et sucrés, trop d’alcool, de tabac ou de café, déséquilibrent sa composition. Une alimentation adaptée par-ticipe ainsi à la régulation de la glycémie et de l’absorption des graisses, réduisant le risque de diabète et d’obésité. Le lien avec d’autres mala-dies reste à clarifier (cause, conséquence ?) et suscite un vif intérêt.

3. En gérant notre stress

Il est prouvé que l’excès de stress fragilise notamment notre système immunitaire et notre appareil digestif : il peut donc altérer notre flore intestinale et entretenir son déséquilibre. Redéfinir ses priorités, ne pas s’isoler, apprendre à se relaxer, accepter de se faire aider : voilà quelques idées pour moins stresser ; mais il y en a bien d’autres, à découvrir et mettre en œuvre en fonction de chacun.

4. En usant des antibiotiques à bon escient

Les antibiotiques luttent contre les bactéries pathogènes mais n’ont aucun effet sur les virus, sources de nombreuses infections. Ils sont donc très utiles mais doivent être employés à bon escient. En outre, ils déséquilibrent souvent la flore intestinale : quand une cure antibiotique est nécessaire, il faut penser à protéger son intestin. Pour résumer : usage ciblé, le temps prescrit par le médecin, avec des probiotiques, et jamais en automédication.

Occupant le quart de la surface de l’intestin, notre flore bactérienne travaille sans relâche à préserver notre santé. Comprendre les liens entre maladies et microbiote intestinal reste une voie de recherche prometteuse : des thérapies d’avenir sont testées, comme l’introduction de « bonnes » bactéries fécales pour restaurer la flore très affaiblie de certains malades. Mais pour cha-cun, au quotidien, rien de très compliqué : seu-lement quelques ajustements qui profiteront autant à la flore qu’au reste de nos fonctions.

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